On se plaint souvent que notre routine est infernale : Métro, boulot, dodo. J’ai dorénavant ma petite théorie là-dessus. Je crois que, secrètement, plusieurs d’entre nous comptent sur ce bourdonnement et ce chaos pour assourdir le bruit de nos propres pensées.
Des pensées que nous ne voulons pas toujours entendre.
En juillet dernier, j’ai pris une grosse décision. Avec comme motif une possible crise de la quarantaine, j’ai choisi d’oser le pas vers l’inconnu. J’ai choisi de m’offrir un temps d’arrêt pour permettre une réorientation de carrière. Je ne savais pas par où commencer, un temps de réflexion serait sûrement nécessaire.
Je me répétais : “La vie est courte, fonce!” Comme un écureuil, j’ai fait mes provisions et je m’en suis mis plein la gueule! Assez pour vivre confortablement pendant quelques mois.
En décembre 2025, je quittais mon emploi. Non pas un emploi que je détestais, loin de là. Disons seulement que je côtoyais une clientèle vulnérable et que le sentiment d’impuissance commençait à me dévorer de l’intérieur…!
Au moment où j’écris ces mots, deux mois et des poussières plus tard, les enfants sont à l’école et la maison est vide. C’est vrai que la vie est courte, mais, comme Dédé le disait si bien : “La vie c’est court, mais c’est long des p’tits boutes!”
Pas de surprise ici, par contre, je savais dans quoi je m’embarquais. Je savais pertinemment que le silence de la maison allait faire crier mes pensées. Un flot de pensées qui, pourtant, avait toujours été là! Mais ça, c’est un phénomène vieux comme le monde : la loi du plus fort! C’est comme les étoiles dans le ciel, leur nombre est incalculable, voire infini. Mais si la lumière environnante est trop forte, on ne verra qu’une infime partie d’entre elles!
Où en étais-je avant de me perdre dans le cosmos? Ah oui! Mes pensées criantes et ma maison vide. D’ailleurs, parlons-en de ce vide. Le vide est un mensonge, c’est un leurre. Le vide, c’est plein! Et croyez-moi sur parole, faut être prêt à faire face à ce plein que contient le vide!
Alors, tout a commencé le jour où le chien de mon voisin s’est mis à hurler. Et je ne parle pas d’un petit jappement banal là! Nenon!
Ici on se situait plus dans un genre de hurlement qui vous déchiquette l’âme tout en prenant bien soin de vous broyer le cœur dans le « blender » au passage! Chaque matin, vers les 7 h. Mettons que ce n’était pas le meilleur des smoothies au petit déjeuner! Je ne comprenais pas. Est-ce un nouveau voisin? Un nouveau chien? Et puis, je me suis dit que, peut-être en fait, il avait toujours été là à hurler chaque matin, mais que, tout comme mes pensées, l’inertie de ma vie me permettait maintenant de l’entendre.
Laissez-moi vous dire que pour l’entendre, je l’entendais et c’était carrément insupportable!
La vie est intelligente, elle est créative, elle s’organise et elle semble savoir précisément sur quel piton peser et quel scénario mettre en place afin de nous faire prendre conscience de certains «patterns ».
“Est-ce qu’il est triste? Est-ce que c’est parce que son maître vient de quitter pour le travail et il se sent seul? Est-ce qu’il a faim? Est-ce que sa laisse est assez longue? Est-ce seulement de l’ennui? Est-ce que je dois faire quelque chose?” “Qu’est-ce que je peux bien faire?”
J’étais seule à la maison, aucun agenda à respecter, aucune charge ou responsabilité autre que le train-train quotidien de ménage et repas. Pourtant, j’avais à peine entamé la deuxième semaine de ce temps d’arrêt, que déjà, le trop familier sentiment d’impuissance revenait s’installer insidieusement dans ma vie.
Donc, à la deuxième semaine de cette aventure, la vie m’avait déjà envoyé un enseignant canin pour me servir ma première prise de conscience : « Là où tu vas, tu es » (Jon Kabat-Zinn). Bien souvent, nous réagissons non pas à l’environnement ou aux circonstances qui nous entourent, mais bien en fonction de ce que nous portons comme bagages et à partir de qui nous sommes. Que je sois dans un lieu de travail X, ou assise sagement à la maison, le sentiment d’impuissance est quelque chose qui m’habite et changer le contenant n’allait pas faire disparaître le contenu.
Si je ne sais pas encore où tout cela va me mener, la bonne nouvelle c’est que je sais maintenant par où commencer! Je compte revenir vous raconter ma prise de conscience numéro 2 de cette pas toujours confortable mais ô combien riche aventure!
À bientôt!













2 commentaires
Véronique
Merci beaucoup Madeleine pour ce beau commentaire, il m’a fait chaud au coeur! Au plaisir 🙂
Madeleine Viau
Salut Véronique! Tellement contente de te voir apparaître dans le journal!!
Ton article est intéressant. Beaucoup de lecteurs s’y retrouveront. Tu continues à faire du bien autour de toi!! Pas de surprise ici!!
J’espère que tout va bien pour toi.